Les pièges des expositions avant enchèresSubterfuges et arnaques dans les salles de vente
Les expositions ont lieu, en province et en banlieue parisienne, de 9 heures à midi le jour de la vente. On a donc tout le temps d'examiner les objets convoités.
A Drouot, les expositions vitrines ouvertes n'ont lieu que le matin de la vente de 11 à 12 heures. Compte tenu des huit à dix salles ouvertes sur trois niveaux, de la foule considérable et de la brièveté du temps accordé, l'exercice reste périlleux. Il s'agit d'aller très vitre d'une salle à l'autre, tout en veillant à démêler le vrai du faux, à démasquer les restaurations, les "bidouilles". A la vente de l'après midi, dans quel état seront les objets vus le matin ?Constater qu'une porcelaine est impeccable ne garantit rien: entre le moment où vous l'aurez examinée et l'instant de la vente, elle risque d'avoir été détériorée sans pour autant que le commissaire-priseur le signale au public. Dans les paniers, appelés "manettes" à Paris, où sont rassemblés les lots d'objets hétéroclites, plusieurs auront été brisés, volés par quelques visiteurs indélicats ou retirés du lot par le commissaire-priseur. "Laisser un ordre"Faute de pouvoir assister soi-même à la vente, on peut "laisser un ordre" lors de l'exposition. Dans ce cas, le "preneur d'ordres" enchérira à votre place. Espérant qu'il défendra vos intérêts en achetant le plus bas possible, un jour vous lui laisserez un ordre à 450 euros pour un objet, le lendemain à 200 pour un autre puis 1200 pour un troisième. Or, comme par hasard, il vous les aura acheté 450, 200 et 1200 euros. Ne vous croyez pas pour autant un génie de l'estimation. Vous êtes plus probablement le dindon d'un accord entre le preneur d'ordre et le commissaire-priseur pour " pousser " les pièces jusqu'aux prix butoirs que vous aviez fixés. Certains, bien sûr, défendent les intérêts des acheteurs: il suffit de les trouver. Le "maître" peut retirer un objet d'un lot présenté lors de l'expositionA la salle 11 de l'Hôtel Drouot, un lot de gravures, gouaches, aquarelles, reproductions, en gros un quarantaine de pièces dont une gouache très fine et fort bien composée, était exposé le matin et vendu l'après midi 250 euros. Quelques instant après cette adjudication, le commissaire-priseur annonce la vente d'une gouache, celle-là même qui, le matin, faisait partie du lot adjugé quelques minutes plus tôt 250 euros. Une fois encore décortiquons le subterfuge. Les enchères montent 30, 50, 100, 500, 800, 1200. "Attention je vais adjuger - clame le "maître"- 1200 adjugé !". L'embrouille est fort simple: entre l'exposition et la vente le commissaire-priseur, sans avertir personne, a retiré une pièce d'un lot pour la vendre à part. Celui qui a acheté le lot 250 euros pensant y trouver la gouache s'est donc fait avoir! Dans n'importe quelle profession on crierait à l'abus de confiance. A "la salle", c'est normal. Donc, en ces lieux, la plus grande méfiance est de rigueur.
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